Marie-Anne Briskmann
Nourrie par une enfance au contact de la nature, Marie-Anne Briskmann développe très tôt un regard attentif au vivant. La botanique, les herbiers et l’étude des remèdes anciens enrichissent un imaginaire qu’elle prolonge par le dessin et la peinture aux Beaux-Arts de Poitiers. Après des débuts en gravure et en peinture, la céramique s’impose comme son médium privilégié. Le passage au volume lui permet d’explorer une présence plus incarnée, où la matière, transformée par la cuisson, introduit une part d’imprévisible pleinement intégrée à sa démarche.
Son univers est peuplé de figures animales hybrides, à la fois douces et inquiétantes. Inspirées des imaginaires médiévaux, elles jouent sur une tension entre fragilité et puissance. Avec la série « Animal on est mal », empruntant son titre à une chanson de Gérard Manset, l’artiste fait émerger des figures masquées qui reflètent nos états contemporains — fatigue, inquiétude, désarroi.






#361 (6x10x6cm)



« Grès de Puisaye, modelé à la main, double cuisson (1260°C), pièce unique »
Le grès, travaillé, incisé et enrichi de reliefs, porte les traces du geste. Ces « cicatrices à caresser » invitent à une relation tactile à l’œuvre, où le toucher prolonge le regard. Souvent de petite taille, ses sculptures tiennent dans la main et instaurent une proximité intime. Traversé par une « mélancolie gaie », son travail évoque l’enfance comme une mémoire vivante plutôt qu’une nostalgie. Certaines pièces prennent la forme de talismans contemporains, entre fragilité et protection.
À travers ses différentes séries, Marie-Anne Briskmann explore la trace, le souvenir et l’absence, laissant au spectateur un espace libre d’émotion et d’interprétation.
