Emmanuelle Rousse – Fondatrice de la Galerie ER à Saint-Savin
Une galerie, un choix – J’ai choisi de revenir dans mon village d’origine, là où j’ai grandi, pour y ouvrir une galerie d’art contemporain. Un choix mûri, guidé par une conviction essentielle : l’art se vit dans la rencontre, dans le temps et dans la relation.
Un regard transversal – Formée à l’infographie, à la peinture, à l’ethnologie et à la photographie à l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux, où j’ai obtenu une maîtrise en Arts plastiques, j’ai très tôt développé un regard transversal sur la création contemporaine. Mon parcours m’a ensuite menée vers le montage vidéo, la scénographie, le graphisme, puis l’enseignement des arts visuels en région parisienne pendant une dizaine d’années. Transmettre, accompagner et rendre lisible sans simplifier sont devenus des fondements de mon travail.
Expériences et influences – Les expériences à l’étranger ont été déterminantes. À New York, j’ai découvert une scène artistique audacieuse et ouverte au risque. À San Francisco, aux côtés de la galeriste Joan McLoughlin, j’ai observé une autre manière de penser la galerie : accessible, engagée, attentive à des publics multiples. À Londres, dans une ville en constante effervescence créative, l’évidence s’est imposée : créer mon propre lieu.
La Galerie ER – La Galerie ER est née en 2012, à Saint-Savin. Loin des centres urbains, elle s’inscrit dans un territoire rural sans jamais s’y enfermer. J’y défends une programmation exigeante, fondée sur l’accompagnement des artistes dans la durée. Certains exposent à Paris ou lors de grands salons d’art contemporain ; je les invite aussi à Saint-Savin, dans un espace propice à l’échange et à la proximité. Faire circuler les œuvres, créer des ponts, décloisonner les regards fait partie intégrante du projet.
Artistes et médiums – Les artistes que je réunis interrogent souvent la figure humaine, l’identité et le lien, qu’il soit intime, social ou collectif. Les médiums sont multiples : peinture, dessin, photographie, sculpture, installation, vidéo. Ce qui les relie, c’est une attention sincère au monde et une capacité à entrer en résonance avec le regardeur.
Accueillir et transmettre – La médiation est au cœur de mon engagement. Non comme un dispositif figé, mais comme une présence : accueillir, expliquer si nécessaire, écouter, laisser le temps aux œuvres d’agir. Habitants du territoire, visiteurs de passage, amateurs d’art ou collectionneurs sont invités à franchir le seuil sans appréhension, à revenir, à prendre le temps.
