À l’occasion de l’exposition « Visages en fleurs », la Galerie ER vous invite à découvrir les coulisses du travail de Moustapha Baidi Oumarou. Dans cet entretien, l’artiste évoque son lien profond avec la nature, sa représentation de la figure humaine, l’importance de l’imaginaire dans son processus de création et les nouvelles directions qu’il explore aujourd’hui.
1. Pour commencer, peux-tu nous parler de l’origine de cette nouvelle exposition présentée à la Galerie ER ? Comment est née cette série de peintures ?
Cette exposition s’inscrit dans la continuité de mes recherches artistiques autour de l’humain et de la nature. J’ai souhaité présenter à la Galerie ER un ensemble d’œuvres de petits et moyens formats qui prolongent cette réflexion tout en explorant de nouvelles techniques, notamment l’utilisation de collages de papiers imprimés de motifs floraux. Chaque peinture est une invitation à regarder autrement les liens qui unissent l’être humain au monde vivant.
2. L’humain occupe une place centrale dans ton travail. Que représentent pour toi ces figures que l’on retrouve au cœur de tes toiles ?
Ces personnages sont au cœur de ma démarche artistique. Ils constituent le principal sujet de mes recherches, centrées sur l’humain, la nature et la quête du beau. À travers eux, j’explore notre identité, notre sensibilité et notre rapport au vivant.
3. Dans tes œuvres, les personnages apparaissent souvent entourés d’une végétation luxuriante et de fleurs. Quelle relation cherches-tu à évoquer entre l’homme et la nature ?
Je cherche à représenter l’humain et la nature tels que je les perçois, avec un regard qui m’est propre. Mes créations rappellent une évidence : l’être humain n’existe pas sans la nature. Elles mettent en lumière la place essentielle qu’elle occupe dans notre existence, mais aussi la responsabilité que nous avons de la préserver et de protéger notre environnement.
4. Les visages de tes personnages sont parfois partiellement dissimulés par des fleurs ou des motifs. Que signifie pour toi cette transformation de l’identité ?
Je représente souvent les visages à travers des pétales de fleurs, le plus souvent blancs, parfois colorés. Pour moi, ils symbolisent l’identité humaine dans ce qu’elle a de plus précieux : la douceur, la fragilité et la beauté. Cette transformation permet d’évoquer l’être humain de manière plus universelle et poétique.
5. Tes personnages portent des vêtements très stylés et colorés. Quelle importance accordes-tu à ces éléments dans la construction de tes images ?
Dans ma quête du sublime et du réenchantement du monde, mes choix esthétiques sont souvent instinctifs. Les couleurs, les motifs et les vêtements participent naturellement à la composition de mes œuvres. Je me laisse guider par mon intuition afin de créer un univers harmonieux et vivant.
6. Ton travail dégage une dimension très poétique et onirique. Quelle place tiennent l’imaginaire et le rêve dans ton processus de création ?
L’imaginaire et le rêve occupent une place essentielle dans mon travail. Ce sont même les premières matières de ma création. À chaque nouvelle œuvre, ils nourrissent ma réflexion et orientent mes intentions artistiques.
7. Y a-t-il un message ou une réflexion particulière que tu souhaites transmettre à travers cette exposition ?
À travers cette exposition, je souhaite inviter chacun à porter un regard sensible sur le lien profond qui unit l’être humain à la nature. Les œuvres célèbrent la beauté du vivant tout en rappelant combien notre environnement est précieux et mérite d’être protégé.
8. Comment souhaites-tu que le public entre dans ton univers en découvrant ces œuvres ?
J’aimerais que les visiteurs ressentent avant tout de la joie, de l’apaisement et une émotion positive. J’espère que la première rencontre avec les œuvres leur permettra de s’évader quelques instants et de retrouver la liberté de rêver.
9. En quoi cette nouvelle exposition se distingue-t-elle de tes précédents projets ?
Cette exposition marque une nouvelle étape dans mon travail. J’y développe davantage le dialogue entre peinture et collage, notamment grâce à l’intégration de papiers imprimés aux motifs floraux. Cette approche enrichit mes compositions et ouvre de nouvelles possibilités plastiques, tout en restant fidèle aux thèmes qui me sont chers : l’humain, la nature et la poésie du vivant.
10. Sur quoi travailles-tu actuellement, et quelles directions aimerais-tu explorer dans ton travail à l’avenir ?
J’expérimente actuellement des œuvres de très grands formats ainsi que des installations immersives. Je poursuis également mes recherches autour de la végétation, qui demeure une source d’inspiration majeure. Je développe ces projets dans mon atelier de Maroua, au Cameroun, un espace qui est aussi un lieu dédié à l’art, aux échanges et à l’expérimentation.

L’exposition « Visages en fleurs » est présentée à la Galerie ER du 18 juillet au 30 septembre 2026.
À l’occasion de sa résidence d’artiste à Saint-Savin du 20 au 30 juillet 2026, Moustapha Baidi Oumarou proposera également plusieurs ateliers gratuits, ouverts à tous, les 22, 23, 24 et 27 juillet, de 15 h à 18 h, sur inscription.
